Un post pour signaler deux billets récents qui parlent, chacun dans leur contexte, de la discipline et du bizarre en informatique.

Le premier billet, intitulié "Discipline make strong developpers" est de Jeff Atwood, et présente en des termes assez fermes comment, de son point de vue, la discipline est la qualité essentielle pour être un bon développeur.

Le point de vue de Jeff Atwood est assez classique : il parle de la nécessité de l'ordre, et vante les mérites de celui qui rangent parfaitement ses affaires sur son bureau (réel), et son desktop (virtuel, sur le PC). Une grande entreprise française (j'ai oublié son nom) encourage régulièrement ses employés à en faire autant le vendredi soir avant de partir en weekend. Plusieurs conseils du même type expliquent par A + B qu'un type qui range son bureau est forcément plus performant et mieux estimé qu'un gars dont les bureaux virtuels et réels sont toujours encombrés de mille trucs.

L'ordre est une discipline, mais ce n'est pas la seule. Jeff parle aussi de la nécessité de la rigueur en informatique, par exemple dans l'utilisation des outils comme un gestionnaire de version, et du respect (ou de l'obéissance) des conventions imposées par le travail en équipe.

Ces propos ne mettent donc pas directement en avant des compétences particulières (capacités de réflexion logique et d'extrapolation,...) mais simplement des vertus, ce qui fait du discours sur la discipline que tient Jeff Atwood est un discours essentiellement moral. Les réactions à son article reprennent en générale toutes ce même type de discours.

Pour contrebalancer son propos, on pourrait relire un vieil article - toujours célèbre : "La cathédrale et le Bazar" de Eric S. Raymond. De mémoire, cet article de référence explique que l'organisation rigoureuse et logique d'un projet informatique n'est pas la seule voie, et n'est peut-être même pas la meilleure.

Le second billet traite des vertus du bizarre selon Jaron Lanier, pionnier de la réalité virtuelle. "Les vertus du bizarre" ne sont pas forcément le contraire de la rigueur (on peut être très rigoureusement bizarre !), mais elle s'opposent certainement à l'ordre des conventions. Pour lui, les vertus du bizarre visent à dépasser le caractère prédictible des raisonnements et conclusions de la logique mathématique ou du raisonnement informatique, pour atteindre des pistes nouvelles, en s'inspirant des phénomènes et des idées dites bizarres. Mais Lanier, cité ici par Francis Pisani, ne définit pas vraiment le bizarre, et c'est dommage (et bizarre).